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Croyance et homéopathie
jeudi
17 juillet 2008
, par
Christian Portal
En matière de médecines non conventionnelles (terminologie officielle utilisée depuis la résolution du parlement européen A4-0075/97), mais plus encore pour l’homéopathie, on nage en pleine confusion. Les uns veulent des preuves scientifiques, les autres se contentent de croire et les plus virulents de ne pas croire, mais tout ceci manque singulièrement d’équilibre et d’un minimum d’apaisement dans la réflexion. Cet article fait suite à celui de Jean-Luc Martin-Lagardette, paru sur le site Agoravox. Celui-ci est effectivement très intéressant, mais il place le débat sur le plan de la preuve scientifique. Pourtant, et il devrait le savoir depuis le temps qu’il traite de ces sujets, la preuve, dans ce domaine, ne vaut que pour celui qui y croit.
On entre de plain pied dans le thème de l’article ! Que vient faire cette idée de croyance dans un sujet qui traite de médecine et donc qui devrait s’appuyer sur des données scientifiques ?
Tout d’abord, il est intéressant de noter que chaque fois qu’une information de nature conventionnelle, quel que soit le domaine (scientifique, médical, alimentaire, agricole ou même économique), on constate que jamais cette information n’est contestée par la moindre étude et que jamais non plus, celui qui l’annonce, le plus souvent un journaliste, ne vient la mettre en perspective ou en pointer les fragilités méthodologiques. Ainsi, d’emblée, l’information n’est pas recadrée, elle ne fait l’objet d’aucune méfiance et est acceptée sans la moindre réserve.
J’avais déjà écrit un article sur cette question qui pointait cette lacune. Nous constatons, par exemple depuis bientôt un demi-siècle, que régulièrement la recherche sur le cancer avance et que tout aussi régulièrement, de nouveaux médicaments sont trouvés. Pourtant, les progrès réels sont extrêmement faibles et pour tout dire inexistants. Bien sûr, le public a besoin de croire qu’il y a des progrès et chacun fait preuve dans ce domaine d’un incroyable aveuglement. Il existe, même si cette méthode n’est que peu scientifique, les possibilités que nous offre notre bon sens. Il suffit de comparer dans notre entourage le nombre de personnes qui ont survécu au cancer et celles qui en sont mortes. On constatera, avec quelques différences selon notre âge et nos fréquentations, que le nombre des tués est de très loin bien plus important que le nombre des survivants.
Il faudrait encore s’attacher à ce qu’on appelle un « survivant » en matière de cancer. Pour mémoire, il suffit de survivre 5 ans, et qu’en outre, sont exclus de la statistique, les morts sur la table d’opération, les accidents thérapeutiques et les suicides. Sachant que les méthodes de dépistage donnent des résultats de plus en plus précoces, on voit, que par simple effet mécanique, le nombre des survivants augmente, sans que cela ne se traduise par une augmentation de la durée de la vie
Nous nous éloignons du sujet de départ, mais il fallait cette digression pour mettre en évidence ce phénomène de croyance. A côté de cela, pour chaque article qui vient démontrer l’efficacité ou d’une méthode ou qui tente d’en expliquer les motifs de réussite, on constate que le conformisme conventionnel se met en marche. Les dernières prises de position de l’Académie de médecine à propos des effets des ondes électromagnétiques est exemplaire de cette attitude. Il se trouve de nombreux scientifiques ou qui se disent tels pour attaquer la qualité des protocoles, pour railler et se moquer des crédules qui voient dans l’homéopathie ou l’acuponcture des résultats dus à autre chose que l’effet placebo.
Bien sûr, l’effet placebo est indéniable, mais il est autant le fait des médecines dites scientifiques que des médecines non conventionnelles. La seule question qui vaille est celle des résultats obtenus. Pas pour tatie Germaine ou pour mon cousin Hubert, mais bien pour des cohortes de populations. Ce sont des études que l’on sait très bien faire et pourtant, on se garde bien de les réaliser. Néanmoins il existe certains indicateurs qui ne trompent pas. Ce sont les assurances, privées en particulier.
De même que les assurances refusent de prendre en charge les risques liés à la téléphonie mobile ou aux OGM, on constate que de nombreuses mutuelles et assurances privées remboursent les frais spécifiques des médecines non conventionnelles. Cela n’a aucun intérêt dans le cadre d’une assurance individuelle, car si l’assurance vous rembourse, par exemple, 10 séances de massage, d’acuponcture ou d’ostéopathie, il est évident que vous allez les utiliser. Alors pourquoi passer par une assurance qui en plus devra payer sa structure et dégager ses propres bénéfices ? Il est plus économique que chacun finance directement ses soins. Néanmoins, c’est en particulier quand ces assurances sont payées par les entreprises que la situation devient la plus intéressante. En effet, pourquoi une entreprise viendrait-elle augmenter ses charges si elle n’y trouvait pas un intérêt majeur ?
Revenons spécifiquement sur l’homéopathie pour conclure. Que les positivistes ne veuillent pas « croire » aux effets de l’homéopathie, c’est leur affaire, mais qu’ils condamnent une pratique, alors que celle qu’ils défendent n’est même pas capable de soigner un rhume, une grippe ou une sciatique, c’est tout de même un peu grossier. J’ai vu dans les différents commentaires de l’article de Jean-Luc Martin-Lagardette que la plupart des maladies se soignaient spontanément. Mais alors pourquoi les gens sont-ils tant malades ? Vu le nombre de médicaments consommés par les Français, il faut que ceux-ci soient très malades !
On constate facilement la mauvaise foi de ces arguments : s’ils guérissent, c’est spontanément, et pas à cause du traitement homéopathique, alors que s’ils guérissent avec un traitement conventionnel, ce ne peut être en aucun cas du à l’effet placebo ou à la résolution naturelle de la maladie.
Une sciatique met plusieurs mois de repos à guérir spontanément, or deux ou trois séances d’ostéopathie ou d’acuponcture résolvent la plupart du temps ces problèmes même quand les patients ont subi de nombreux échecs de la médecine conventionnelle. De même, un rhume ou une grippe sont stoppés en quelques heures au lieu de traîner « naturellement » pendant 15 jours ou trois semaines, sans préjudices des complications habituelles.
Alors quelle est la question finalement ? Il suffit de laisser les patients choisir leur traitement comme la loi « Droits des malades » de 2002 le leur permet et autoriser les thérapeutes et les médecins pratiquer les soins pour lesquels ils ont été correctement formés. Je signale à ceux qui émettent des réserves (ils crient souvent avant d’avoir mal) que c’est déjà ainsi que cela se passe. De nombreux thérapeutes exercent sans contrôle puisque leur exercice n’est pas réglementé, et pourtant il n’y a pas d’accident à déplorer. Si c’était le cas, il est absolument certain, compte-tenu du contexte évoqué, qu’une large médiatisation y serait consacrée. C’est seulement sur la base de cette liberté que l’on pourrait avoir de nombreuses données pour vérifier les résultats de chacun. Mais peut-être que le système conventionnel, à la fois si coûteux, et finalement si peu efficient, n’a pas intérêt à cette comparaison ? Répondre à cet article |
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