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Médicament : la pollution imprévue

samedi 27 juin 2009 , par Yvette Parès


MEDICAMENTS : LA POLLUTION IMPREVUE

Au cours du 20e siècle, la médecine occidentable a connu, de toute évidence, une période faste qui succédait aux défaillances venues d’un lointain passé.

Après le déclin des célèbres écoles d’Italie, de France et d’Espagne dont le rayonnement fut intense au 12e siècle, l’art médical avait périclité et les connaissances thérapeutiques n’avaient cessé de s’appauvrir. L’aube du 20e siècle en était encore affectée.

L’avènement des antibiotiques, des molécules issues de la chimie, les techniques de pointe, les avancées de la science apportaient le renouveau. On évoquait les « progrès foudroyants » de la médecine. Les maladies seraient enfin maîtrisées et les épidémies tenues au loin.

Qu’en est-il en ce début du 21e siècle ? Le constat est beaucoup moins exaltant. Après d’innombrables succès, l’antibiothérapie a révélé sa face cachée, ses méfaits que les lacunes des données scientifiques sur la biologie des micro-organismes rendaient imprévisibles : sélection de germes résistants, maladies nosocomiales, tuberculoses mutirésistantes et hyperrésistantes. Ces problèmes sanitaires inattendus demeurent encore sans solution.

D’autre part, les molécules de synthèse ont provoqué effets indésirables et maladies iatrogènes graves et souvent mortelles. Quant aux épidémies essentiellement virales, elles ne rencontrent qu’impuissance. La survie, pour le Sida, s’accompagne d’un intense mal-être.

Mais à tous les défauts thérapeutiques observés vient s’ajouter un danger de détection récente. On a soudain pris conscience d’une réalité qui avait jusqu’alors échappé à l’observation. Il s’agit de la pollution de l’environnement et spécialement de l’eau par les médicaments issus de la chimie.

La première étape commence avec les processus de synthèse. Les réactifs volatils et souvent cancérigènes sont rejetés dans l’atmosphère. Les résidus des opérations parviennent dans les cours d’eau. On doit encore évoquer un fait aggravant : le grand nombre d’essais infructueux avant qu’une molécule n’apparaisse douée d’un avenir thérapeutique.

Une autre étape concerne la prescription des médicaments. Apèrs la traversée de l’organisme humain, ils sont rejetés tels quels ou sous forme de leurs métabolites .Les eaux usées des hôpitaux en sont particulièrement chargées et vont se mêler aux eaux des rivières et des fleuves.

L’étape suivante s’avère des plus préoccupantes. Les eaux polluées s’infiltrent dans les sols et parviennent aux nappes phréatiques. On a constaté dernièrement qu’elles étaient corrompues par les produits médicamenteux. Ainsi les réserves naturelles dans les pays européens sont maintenant contaminées et constituent un danger pour les populations. Comment retrouver la pureté de ces eaux ? Le phénomène serait-il irréversible ou lentement réparable ?

La dernière étape concerne l’eau « potable » qui arrive dans nos maisons. Elle renferme, elle aussi, de nombreux résidus médicamenteux dont certains très nocifs. Les stations d’épuration se sont montrées jusqu’à présent incapables de les éliminer.

Un point déplorable apparaît dans toute son ampleur : l’eau, élément vital par excellence, respectée dans toutes les traditions, a subi une atteinte dans sa nature profonde. L’ère du « progrès » se solde par un désastre.

Mais la vision doit encore s’élargir au-delà des humains, à l’ensemble du monde vivant. Quel est l’impact de cette pollution de l’eau sur les animaux, les végétaux, les microfaunes, les microflores et les microorganismes bactériens ? Une loi règne sur la planète, celle de l’interdépendance de toutes les formes de vie, elles-mêmes dépendantes de tous les facteurs externes.

A titre d’exemples concrets, que deviendraient les légumes de nos potagers, les céréales, les fruits des arbres de nos vergers, si leurs racines devaient puiser dans le sol une eau devenue cocktail médicamenteux de plus en plus concentré ? L’homme sain, la femme, l’enfant en bonne santé seraient contraints d’absorber inconsidérément des produits d’action délétère. Que reste-t-il, de nos jours, des « bonnes nourritures » prônées dans le passé ?

Après l’exposé de cet ensemble de faits , une question vient à l’esprit. Peut-on continuer de poursuivre et d’accentuer au fil du temps cette pollution de l’eau due aux médicaments chimiques ? La réponse ne peut être que négative. Une évidence s’impose. Leur synthèse devra être abandonnée, à plus ou moins court ou moyen terme. Mais alors, dans ces conditions, que deviendrait la médecine occidentale privée de ses moyens d’action habituels ?

La sagesse ne serait-elle pas de se préparer dès maintenant à une telle éventualité, en explorant les savoirs ancestraux des pays d’Europe ? Ils apporteraient non pas un retour purement passéiste mais des éléments de base qui permettraient l’élaboration d’une thérapeutique nouvelle et non polluante pour la médecine de demain.

Dr Yvette Parès

Professeur à l’Université de Dakar de 1960 à 1992

Dr es-science

Dr en médecine

Directrice du centre de recherches biologiques sur la lèpre de 1975 à 1992

Directrice de l’Hôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal) de 1980 à 2003

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1 Message

  • Médicament : la pollution imprévue

    7 juillet 2009 13:11, par kantz

    Je ne peux qu’approuver l’utilisation des ressources locales européennes, en médicaments naturels. C’est un gage d’indépendance, de liberté, et cela peut comporter des avantages écologies. De plus il ne faut pas remplacer la dépendance envers l’industrie des world company par celle envers les plantes tropicales.

    Ceci dit nos traditions médicales ancestrales, comme les autres, ont connu leur part d’abhérations. Un exemple historique célèbre est celui de la théorie des similitudes. Si une plante a la forme du pancréas ou du foi, elle devrait alors servir à soigner le panvréas ou le foi. Cela ne fonctionne évidement pas. On pourra trouver des erreurs de la même importance dans d’autres cultures traditionnelles. L’extraordinaire efficacité de la science moderne, y compris dans ses erreurs, tient à la méthode expérimentale, qui justement évite de se raconter des histoire, de croire à l’éfficacité d’un traitement parce que l’on veut y croire. Se dégager des modes de pensé magique n’a pas été facile, mais fut extrèmement libérateur.

    Par ailleurs, ce qui est naturel n’est pas forcément bon pour la santé. par exemple l’amiante est une roche tout ce qu’il y a de plus naturel. Rien ne dit que la libération de nombreuses molécules « naturelles » n’aura pas, n’a pas déjà, des effets négatifs. La majorités des molécules naturelles sont toxiques. Existe til des études scientifiques comparatives entres polutions naturelels et artificielles pour les faibles concentrations actives ? Par exemple, les station d’épuration sont elle plus cables de stopper certains radio-éléments naturels, les fulrènes et la dioxine des écobuage, que les molécules de synthèse ? Ces dernières ne sont elles vraiment pas arrétées par la floculation et les filtres à charbon actif , ni oxydées et dégradées par l’ozonification ou la chloration (si criticable soit elle ?)

    Vouloir supprimer toute la médecine de synthèse me parait excessif. D’abord notre flore et notre faune sont moins variées que leurs équivalents tropicaux, à cause des glaciations, et de la moindre disponibilité en énergie au m². Ensuite, l’extraction et la mise en disponibilité des substances actives, même d’origine naturelle, peut avoir des conséquences environnementales ou sociales (surfaces cultivées, procédés utilisant des solvants, consommation énergétique,...)

    Et puis la nature et/ ou la tradition disposent-t-elles de toujours de solutions équivalentes ?

    Quand vous souffrez atrocement, que vous vous déshydratez, et que vous ne pouvez avaler de médicament anti-douleurs parce que vous vomissez tout, la perfusion est alors vue comme une bonne invention !

    Quelle substance naturelle ou traditionnelle peut remplacer le paracétamol dans ce cas ? Le laudanum ? Le jus de laitue (qui est une papavéracée) ?

    Par quoi remplacer les antibiotiques, même si ceux-ci ne sont pas des substances magiques ? Comment soigner la siphylis ? Avec des composés mercuriels comme autrefois ?

    Les molécules naturelles ont aussi leurs à coté négatifs. Si elles ont été remplacée par es substances de synthèses, c’est souvent pour avoir justement moins d’effets négatifs.

    L’idée de revenir à nos ressources locale est parfaitement louable. je la pratique autant que je peux.

    J’ai pu constater que bien des « compléments alimentaires », des médicaments qui n’en ont pas le nom, exotiques à souhait, fabriqués à base de plantes « des mayas », de médecines, forcément traditionnelles, de chine, Inde ou ailleurs (plus c’est loin et étrange, plus c’ela semble promis à l’éfficacité) contiennent en fait principalement des molécules que l’on retrouve sur les rayons d’un marché (si possible bio) dans nos productions locales. Nul besoin d’être médecin pour cela. il suffit de lire la composition et des faire quelques recherches sur le web ou dans des encyclopédies grand public.

    Mais vouloir supprimer les médicaments de synthèse, souvent en réalité extrait ou imités des substances naturelles (péniciline, aspirine, opiacés, ...) me paraît exessif et dangereux.

    Que la médecine moderne fasse des erreurs et ne soit pas toute puisante, c’est constatable, mais il ne faut pas oublier que si nous l’avons adopté, c’est aussi parce que les médecines traditionnelles comportaient encore plus d’échecs et d’inconvénients !

    Quand à la polution des eaux par les médicaments, évidement, il faut mesurer son impact et le limiter, sans pour autant nous passer des progrès mesurables des 150 dernières années.

    (professeur de physique dans le secondaire).

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