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Comment dépasser l’analyse primaire sur le Mediator®

dimanche 2 janvier 2011 , par Christian Portal


Cette affaire du Mediator® montre surtout comment les médias et le public qu’ils informent ou manipulent ne comprennent pas les problématiques de santé. Depuis très longtemps et en France comme dans les autres pays modernes, les médicaments sont responsables d’une très importante mortalité.

Par exemple, en France, le nombre de décès annuels est évalué à 13 000, chiffre confirmé par de nombreuses sources et relayé par le Sénat. En outre, on sait que les déclarations concernant des incidents liés à des prescriptions médicales sont rares à cause, en particulier, des risques judiciaires et des problèmes de conscience que cela ne peut manquer de poser aux médecins prescripteurs qui préfèrent ignorer les conséquences de leurs ordonnances. Des suspicions importantes pèsent le nombre réel de décès. Par exemple, aux États-Unis, le Vioxx, à lui-seul, aurait fait entre 80 000 et 140 000 accidents cardiaques ou décès. La FDA (administration américaine chargée d’autoriser les médicaments) indique que seuls 1% à 10% des décès concernant le Viagra ont été déclarés. Si on extrapole cette information, on peut raisonnablement penser que le chiffre de 13 000 doit être multiplié par 10. Quand on compare avec les 5000 morts d’accidents de la route pour lesquels on fait tout ce tapage, on se demande comment on peut être aussi aveugles et sourds à ce véritable carnage dû aux médicaments.

Nombreux sont ceux qui justifient les accidents par la fameuse balance bénéfices-risques. Certains cautionnent même les morts en disant que les laboratoires savent parfaitement qu’il y aura des morts mais que le nombre de personnes qui seront sauvées est bien plus important et justifie cette prise de risque. Outre que cette justification est faite a posteriori par des personnes qui ne perçoivent pas la douleur individuelle causée par un seul décès alors qu’elles n’envisagent que les résultats positifs, bien souvent fantasmés, produits par ces médicaments, on oublie trop souvent que les médicaments qui sauvent réellement sont très rares. La plupart se contentent de tenter de réguler certains désordres, d’éliminer des douleurs ou de supprimer des symptômes. Les médicaments qui sauvent directement d’un risque mortel, sans pouvoir être remplacés par d’autres solutions, sont donc très rares.

Par exemple, les antibiotiques sont souvent considérés comme salvateurs car une infection qui serait mal soignée ou pas traitée du tout aurait toute chance de déboucher sur le décès du patient. Si cela avait été la cas, il n’y aurait plus d’humains sur Terre pour discuter de cette question car, dès la petite enfance, tout le monde a déjà subit une infection importante. Il a toujours existé des moyens de se soigner, en particulier par les plantes, mais ces moyens se sont avérés très insuffisants et totalement dépassés lors d’évènements majeurs comme les champs de bataille et les épidémies. L’inconscient collectif n’a gardé que ces incompétences en oubliant les causes profondes que sont les désordres sociaux ou écologiques qui en étaient à l’origine. Il reste dans l’esprit de chacun qu’avant l’avènement de la chimie l’Homme vivait désemparé sans presque aucune possibilité de se soigner. Alors, dans ce contexte, face à des maladies cruelles qui ne veulent que la disparition des Hommes, il est raisonnable d’accepter quelques dommages collatéraux !

Ce discours est parfaitement légitime et cohérent si on ne se pose pas la question de l’origine des maladies et si surtout on leur attribue une origine externe et parfaitement démoniaque. C’est essentiellement la vision pasteurienne qui domine encore notre pensée médicale, celle de notre système de pensée mais aussi d’une immense majorité du public.

Si on oublie un instant les actions exclusivement salvatrices [1], qui, nous l’avons vu ne concernent pas beaucoup de médicaments, on peut s’intéresser tranquillement à l’efficacité des médicament et plus largement à l’efficacité de la médecine. On s’aperçoit ainsi que notre médecine ne trouve sa plus forte justification que dans la gestion des crises. Nous sommes dans la situation d’un corps de pompiers qui ne saurait éteindre que des feux de très grande ampleur sans jamais pouvoir en empêcher le déclenchement ni circonscrire les petits sinistres. On peut d’ailleurs constater que les très grands feux s’éteignent d’eux-même faute de matériaux à brûler. Imaginons des pompiers qui ne seraient équipés que pour traiter les incendies de tours d’immeubles mais, qui faute de matériels adaptés ne pourraient sauver les petites maisons.

J’ai la conviction que notre médecine est dans cette situation. Encore faut-il que chacun prenne conscience de cette situation ! Malheureusement, le public oublie trop souvent que même les maladies les plus simples ne sont pas guéries, les grippes, les rhumes, les douleurs posturales, etc. Le seul domaine où il existe un semblant de guérison concerne les infections bactériennes contre lesquelles l’arsenal antibiotique est encore efficace. Malheureusement, il reste deux écueils importants : d’une part, l’échec de nombreux antibiotiques dû à la résistance de nombreuses souches bactériennes et d’autre part, la récidive trop systématique des infections ORL de l’enfance et la chronicité de certaines infections, urogénitales notamment.

Si on a mis de côté tous ces aspects, la discussion se porte immanquablement sur le rapport entre efficacité et toxicité. Un médicament efficace est forcément un produit toxique. Cette assertion est très contestable car elle tend à justifier par avance l’efficacité « naturelle » d’un produit toxique. Mais la vraie question est celle-ci ? Les médicaments ont-ils une efficacité en terme de santé publique ? Sur ce point, on confond souvent l’efficacité in vitro avec les résultats sur les malades.

Actuellement,on ne sait donner que des traitements standards pour des maladies qui semblent identiques alors que chaque malade est différent dans son histoire, sa constitution et même dans l’expression de sa maladie. L’une des causes principales d’échec des traitements et d’incidents thérapeutiques relèvent de l’absence d’individualisation de la prescription. La deuxième est plus profonde ; elle relève d’une vision stéréotypée du corps et des maladies qui l’affecte et pour lesquelles on ne produit que des remèdes standards.

Ainsi, les médias, les médecins et le public, tous en cœur, relaient l’idée que les traitements sont efficaces et peu dangereux. On vient de voir que le danger est présent mais qu’en est-il de l’efficacité ? Je vous propose une expérience simple que vous pouvez reproduire sans difficulté. il suffit de demander aux personnes qui vous entourent de compter sur leurs doigts le nombre de personnes qu’elles connaissent et qui sont mortes de maladies cardiovasculaires. Vous reproduisez le même décompte avec les décès par cancers. Vous constaterez, selon la population, que pour les maladies cardiovasculaires, les doigts d’une seule main suffisent alors que pour les cancers, on a besoin des mains et des pieds.

Ainsi, dans notre expérience personnelle, on constate que les cancers font jusqu’à 10 fois plus de décès que les maladies cardiaques. Pourtant, la courbe des décès par cancers vient de dépasser celle des décès par maladies cardiovasculaire en juillet 2007, ce qui veut dire, qu’officiellement, ce rapport devrait encore être de 1 à 1 alors qu’il nous apparaît plutôt de 1 à 10.

Ceci indique que les chiffres sont falsifiés pour nous faire croire à des résultats positifs. Ainsi, quand on annonce qu’on guérit un cancer sur deux, on est extrêmement loin du compte. D’ailleurs, si 40% des malades étaient guéris, on devrait les retrouver chez nos amis et nos parents. Or ceux d’entre eux qui résistent à cette maladie nous apparaissent comme extrêmement rares.

Malgré cela, régulièrement, les médias annoncent des progrès dans les traitements qui, pourtant, ne se traduisent pas dans le ressenti des populations. Cette analyse peut également être reproduite pour tous les domaines de la santé. On peut constater, après cette modeste contribution, que le problème du Mediator® ne constitue pas un cas isolé mais un système généralisé. Donc, il serait temps de se réveiller et ne plus traiter ces questions au coup par coup en oubliant les évènements précédents. Il devient nécessaire d’avoir une vraie réflexion sur notre système de santé et surtout analyser ces problématiques à travers le filtre de l’écologie. En effet, la médecine est la seule des activités humaines à ne pas avoir été revue à la lumière de cette analyse.

Pourtant, quand on veut minimiser la portée de ce que je dis, on m’objecte que ce que tout ceci est connu. Il est donc inutile de s’agiter chaque fois qu’un scandale sanitaire remonte à la surface. Il n’y a donc que deux solutions. Ou bien la situation est choquante et nous devons changer de pratiques ou bien elle normale ou, à défaut, inéluctable, et nous devons cesser de nous plaindre.

Si nous nous plaignons de ce que nous font subir les autorités médicales, il n’y a là aussi que deux solutions. Dans la première, les autorités médicales, OMS, ministère de la santé, système hospitalo-universitaire, sont pilotés par personnes inconscientes de ce qui se joue et on a affaire à des imbéciles ou des incompétents. Dans la seconde hypothèse [2], les acteurs sont parfaitement conscients des enjeux et ce sont des salauds ou des voyous. Pour une fois, le problème est sans doute plus complexe.

Je suis convaincu qu’il existe des individus affligés d’une mentalité criminelle qui sont soutenus par une cohortes d’imbéciles ou, pour être moins désagréable, d’individus manipulés. Dans ce contexte, la bêtise est d’autant plus importante et grave que l’individu occupe un poste important ou décisif. Il est évident que le public doit être placé dans le camp des manipulés ce qui ne l’exonère pas, pour autant, de ses responsabilités. Un des problèmes majeurs est constitué par la masse des médecins et pharmaciens qui prennent conscience de cela et, de fait, sortent de la première catégorie sans, toutefois, entrer dans la seconde. Malheureusement, parce qu’ils ne disposent pas encore d’un niveau de révolte suffisant, ils ne trouvent pas encore les ressources pour changer. Je suis convaincu que cela ne va pas durer et que le système parce qu’il est actuellement très dur ne peut que s’effondrer. C’est pourquoi il me semble impératif de préparer la population à ne pas avoir peur des crises qui s’annoncent en ayant suffisamment anticipé les conséquences.

Boutons pour partager l'information

[1Ce sont surtout les actions humaines, technologiques ou non qui sont capables de ces actions. Ce sont par exemple des gestes comme le massage cardiaque, le bouche-à-bouche ou des actions comme l’usage du défibrillateur ou la suture de tissus déchirés, etc. Même dans le cas, d’usage de médicaments, c’est le geste d’urgence qui prime comme, par exemple, l’injection d’adrénaline.

[2c’est celle retenue par Claire Séverac dans son livre, « Complot mondial contre la santé »,paru chez Alphée

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