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Vers un mouvement mutualiste des valeurs écologistes
Lettre ouverte aux managers de l’écologie

jeudi 23 février 2012 , par Christian Portal


L’écologie a, par essence, une dimension systémique, pourtant les différentes tentatives pour coordonner les actions des différents mouvements écologistes se sont toujours soldées par des échecs.

En effet, la question écologique est souvent accaparée par des groupes qui défendent chacun des préoccupations, certes intéressantes, mais la plupart du temps, parcellaires. Or la fragmentation des sujets est un obstacle majeur en matière d’écologie et plus généralement de pensée systémique.

Bien sûr, chacun de ces groupes s’est fait une spécialité dans laquelle il excelle et les personnes qui les animent sont devenues, au fil du temps, des experts incontournables. Malheureusement, la spécialisation est parfaitement incompatible avec la vision d’ensemble qui permettrait d’agir, à la fois comme militant soucieux de modifier les consciences mais aussi comme politique souhaitant mener des actions cohérentes.

Au mieux, il existe des personnes qui agissent avec sincérité et loyauté mais qui souvent poursuivent différents lièvres en fonction de l’actualité ou des urgences environnementales. c’est ainsi que certains se sont spécialisés contre les pesticides, le nucléaire, les OGM, les gaz de schiste, les ondes de portables, les lignes à haute tension, etc. Certaines de ces préoccupations ont des visées économiques, d’autres des intentions sanitaires, mais toutes ont en commun la séparation et le manque de cohérence des actions et de projet collectif.

Bien sûr, il reste indispensable que des spécialistes persistent à dénoncer les méfaits des pesticides, des OGM, du nucléaire et de toutes les nuisances environnementales et pour cela, il est utile que les organisations qui pilotent ces actions, continuent d’accumuler des preuves, poursuivent la mobilisation des médias, mais il est devenu essentiel de dépasser cette fragmentation des combats. Pour avoir déjà discuté avec de nombreux experts de ces organisations, je me suis rendu compte qu’ils ont totalement perdu de vue l’objectif final qui doit largement dépasser les limites de leurs actions spécifiques. En effet, à quoi servirait, par exemple, une abolition des pesticides dans un monde totalement nucléarisé ? Et même, cela serait-il possible ?

J’ai une conviction, de plus en plus ancrée, que la séparation des problématiques permet, en les opposant les unes aux autres, de ne rien céder sur l’essentiel. Il arrive même souvent que des politiques ou que des décideurs technocratiques concèdent aux uns pour mieux reculer sur d’autres sujets. De plus, la tentative de vouloir tout expertiser pour prouver les méfaits posés par les différents troubles environnementaux a, au moins, deux effets pervers. D’une part, et c’est une difficulté insurmontable, les experts du contrôle seront toujours moins dotés et moins nombreux que ceux de la production. Il s’en suivra toujours un retard structurel entre la source de productions toxiques et leur évaluation. D’autre part, la spécialisation favorise l’exclusion des liens possibles entre les différentes nuisances. Cela permettrait de faire oublier que, par exemple, l’aluminium est d’autant plus toxique, notamment pour le système nerveux, que les ondes de portables ont fragilisé la barrière hémato-encéphalique. C’est d’ailleurs l’idée soutenue dans un récent article de France Nature Environnement (FNE) sur le blog de Vivre à Chalon sur Saône.

Nous savons, pour avoir participé à cette aventure, que l’Alliance pour la planète qui avait la vocation de fédérer les actions des différentes ONG a été un fiasco. Elle a même, d’une certaine manière, contribué à la confusion du Grenelle de l’environnement. Nous avons pu voir qu’il y a eu des tractations avant les négociations officielles pour évincer certains sujets et ce sont certains membres influents qui en portent directement la responsabilité. Ça a été le cas du nucléaire qui a été évincé des débats. je sais aussi, pour l’avoir vécu, que la question de la pollution des eaux par les médicaments a été rejetée sans le moindre débat. j’ai même eu l’occasion de voir que la seule question, dans ce domaine, qui ait été évoquée, fut celle de la gestion des déchets médicamenteux mais que le sujet a rapidement été écarté en raison de conséquences prévisibles.

Ensuite, le Grenelle fut le résultat d’une suite de compromis, pour lesquels, il a été facile, ensuite, d’opposer les mesures les unes contre les autres. c’est ainsi qu’on a obtenu un texte sans cohérence, d’autant que des mesures ultérieures sont venues amoindrir les objectifs initiaux. Par exemple, non seulement, l’objectif sur l’extension du domaine agricole cultivé en bio n’a pas été tenu, mais en outre, les exigences en matière d’agriculture bio ont été revues à la baisse [1].

On peut également parler des énergies renouvelables qui faisaient évidemment partie des éléments-clef du dispositif et dont la diminution des aides est venue torpiller les projets des particuliers et un secteur économique qui venait tout juste d’émerger. L’Alliance pour la planète aussi bien que le Grenelle de l’environnement sont des échecs, même si cela a permis a certains d’acquérir une petite reconnaissance médiatique. Pour certains ce fut même un tremplin vers une élection à un parlement régional ou au parlement européen.

Je pense qu’il est toujours plus que nécessaire que tous les acteurs de l’écologie se retrouvent, d’abord pour débattre autour d’une démarche écologique et non seulement à propos de tel ou tel problème environnemental. Il faut aussi que nous déterminions un ordre des priorités, non pour faire avancer notre sujet de préoccupation mais bien pour faire évoluer notre société et notre politique vers une direction qui ne permette plus de retour en arrière.

Par exemple, il me semble que l’urbanisme et l’autonomie énergétique des bâtiments sont une donnée prioritaire, tant par l’aspect industriel, qu’économique. L’urbanisme touche les questions de déplacement, d’approvisionnement alimentaire, d’énergie, de confort social et, par tous ces aspects, c’est un élément fédérateur et un moyen concret d’élever les consciences.

La santé est un autre exemple qui intéresse de nombreux acteurs de l’écologie. Chacun peut être tenté de le traiter par son sujet d’élection, par exemple, l’alimentation, le bio, des semences de qualité, etc. mais là encore, il est important d’aborder la question sous l’angle systémique. C’est par exemple, le travail réalisé par Benoit Thévard qui a appliqué à la santé [2].

Ainsi, comme le propose Benoit Thévard, nous pourrions placer notre réflexion en recentrant les priorités sur les besoins essentiels de l’être humain que l’on limite à 6 besoins prioritaires :

  • 3 besoins primaires : alimentation, santé, habitat
  • 3 besoins fonctionnels : économie, énergie, transport (nécessaires aux 3 besoins primaires).

Si, comme moi, vous pensez qu’on ne peut plus agir de façon isolée et, qu’enfin, il faut fédérer nos actions, je vous dis « chiche ». Créons ensemble une démarche de mutualisation afin de commencer à changer.

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