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La médecine par le petit bout de la lorgnette

jeudi 3 octobre 2013 , par Christian Portal


Une vision restrictive de la compréhension des maladies conduit toujours sur les mêmes pistes, les bactéries ou les gènes.




Ce que Marie France de Meuron appelle la médecine périphérique sur son blog Bien-être-soi trouve une autre illustration dans les recherches menées actuellement et relatées notamment dans un article du Figaro qui indique que le cancer colorectal pourrait trouver son origine dans la présence d’une bactérie, Fusobacterium nucleatum, en lien avec des gènes prédisposant à sa pénétration dans les cellules épithéliales du colon.

Si cette piste se confirme, on voit se dessiner les pistes thérapeutiques envisagées : d’abord des antibiotiques puis, évidemment un vaccin et, pourquoi pas, une correction génétique. Or comment imaginer une approche médicale qui pourrait se fonder sur la mise à l’écart de toutes les bactéries pathogènes ou sur la mise en œuvre technologique d’un homme génétiquement parfait ?

On avait déjà impliqué Helicobacter pylori dans la plupart des cas d’ulcères de l’estomac et par conséquent de cancers de ce même organe. Outre le fait que cette découverte maintenant ancienne n’a pas modifié le bénéfice thérapeutique qu’on pouvait en attendre, cette vision des causes pathologiques suggère une irresponsabilité des patients et des conditions dans lesquelles ils vivent. Voir l’article sur la polémique sur les causes de l’ulcère.

Ce type de recherche n’est pas nouveau puisqu’on travaille depuis longtemps déjà sur les liens entre cancers et infections bactériennes ou virales en relation avec des prédispositions génétiques. Cette correction génétique du lien de cause à effet est devenue nécessaire car on voit de nombreuses populations qui vivent avec des bactéries ou des virus qui ne leur causent aucun dommage. Il faut donc trouver un autre coupable !

A ce propos, il est sans doute nécessaire de se pencher sur les bases philosophiques de la médecine moderne occidentales. Hélas, ce travail n’est pas fait et surtout pas dans lieux où cet enseignement serait indispensable ; je veux parler des facultés de médecine. La principale raison de cette absence de questionnement, c’est qu’il n’est sans doute pas jugé utile. En effet, dès lors que le chercheur est persuadé que ce qu’il voit sous son microscope ou à travers ses protocoles expérimentaux est la vérité, il n’est évidemment d’aucune utilité de se poser des questions philosophiques. Or ce sont elles qui guident notre réflexion.

Si les biologistes et les médecins faisaient plus de physique quantique, ils seraient peut-être conduits à douter davantage des liens qu’ils établissent entre observation et réalité. Ainsi confrontés à ce vertige et à ce mythe d’une réalité inaccessible, ils pourraient développer une pensée analogique, certes éloignée de la réalité, mais qui permettrait de mettre en œuvre des processus thérapeutiques susceptibles d’agir en amont des désordres pathologiques. On trouvera une réflexion plus détaillée dans l’article suivant.

On voit ainsi deux problèmes se dessiner, d’une part, le mythe d’un homme génétiquement parfait et exempt de germes et, d’autre part, une démarche thérapeutique unique fondée sur l’éradication microbienne et la réparation génétique. Ces sujets ont été approfondis dans mes précédents livres et notamment Pour une médecine écologique paru aux éditions Alphée en 2009.

Cette vision eugéniste pourrait éventuellement se discuter si elle n’était pas instrumentalisée par une industrie médicale avide de pouvoir et d’argent. Je parle d’industrie médicale car il y a, bien sûr, l’industrie pharmaceutique qui a tant de médicaments et de vaccins à vendre, mais aussi, toutes les professions de la médecine qui construisent des techniques en rapport avec cette philosophie initiale. Ce sont notamment les techniques chirurgicales qui viennent palier les faiblesses thérapeutiques et spécialement, dans en rhumatologie, où les incohérences posturales jamais corrigées, donnent lieu, à plus ou moins long terme, à des destructions articulaires, au niveau des vertèbres, de la hanche ou du genou qui seront des indications majeures à la pose de prothèses ou à des opérations lourdes. Du moment que la chirurgie a une solution à proposer, il n’est plus nécessaire d’agir en amont pour éviter le problème. On peut même dire, avec un certain cynisme, que ce n’est pas souhaitable. On oublie de préciser que la chirurgie, si elle a fait de nombreux et spectaculaires progrès, les a accompli grâce à ses très nombreux échecs.

L’article du Figaro suggère également une autre difficulté. En effet, on constate que les recherches mentionnées n’en sont qu’à leurs balbutiements et que, pour l’instant, on a plus de questions que de réponses. Tout ceci n’empêche pas d’échafauder d’hypothétiques bénéfices et d’entretenir des espoirs qui montrent que la recherche avance et que la santé des patients est entre de bonnes mains. Ce qui se confirme avec cet autre article du Figaro qui essaie de faire croire au public que le cancer est en train de devenir une maladie banale et donc moins dangereuse alors que l’article montre seulement une meilleure perception des traitements et des conditions de vie des cancéreux. L’article a pourtant pour titre Les français optimistes face au cancer. Le contenu de l’article est sans rapport avec le titre mais on comprend qu’il s’agit d’entretenir le mythe du progrès. Pourtant, quand on voit l’hécatombe autour de soi, parents, amis, voisins ou personnalités, on a du mal à comprendre un tel optimisme.

Cette façon de traiter les conséquences ultimes en omettant, volontairement ou non, de traiter les causes en amont est encouragée par système qui gagne beaucoup d’argent en inventant des traitements ou des corrections chirurgicales. Ainsi la médecine crée son propre marché, organise une demande artificielle et, ainsi, est en mesure d’offrir les services pour les besoins qu’elle a créés. Ce mécanisme est exactement le même que celui qu’on observe dans le reste de nos activités commerciales. On oublie juste de préciser que les compétences acquises que nous paierons très cher ont été développées à l’aide de fonds publics, sécurité sociale, assurances et mutuelles.

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