Le Vioxx© ou l’exception française !

 
  • jeudi 17 juillet 2008.
  • Depuis quatre ans, ce médicament a été retiré du marché aux États-Unis, mais c’est seulement maintenant en France que la justice pourrait établir un lien de causalité avec un risque cardiovasculaire.

    Dans Le Parisien du 15 juillet un article indique que « pour la première fois en France, une expertise judiciaire conclut à la possibilité d’un lien de causalité entre la prise du Vioxx© […] et un infarctus du myocarde chez une patiente de 42 ans ». On y apprend également que le laboratoire Merck, fabriquant du médicament « estime qu’aucun lien de causalité n’est démontré entre la prise de Vioxx et l’infarctus de Caroline O. ».

    Pourtant, dans un article paru sur Chalenges.fr, en date du 9 novembre 2007, on apprenait que le groupe Merck avait accepté de payer la somme de 4,85 milliards de dollars (3,29 milliards d’euros) pour mettre fin à 95% des plaintes à l’encontre de son médicament Vioxx. Le groupe pharmaceutique précise que cet accord ne constitue pas un aveu de culpabilité, pourtant , comment expliquer autrement cet accord.

    Cet accord reste très avantageux, c’est ce que précise Philippe Pignarre car le groupe avait prévu initialement des indemnités de 10 milliard de dollars pour les 27.000 plaintes qui concernent 47.000 patients.

    « L’accord ne concerne que les résidents américains ou les patients capables de prouver que leur attaque est survenue aux États-Unis. Comme le prévoyait l’expert, qui avançait deux raisons : « la première est que les class actions n’existent pas en France ». La seconde est l’absence d’accident, « puisque le traitement était prescrit à des doses plus faibles“. Un argument complètement »incongru« , déplore Philippe Pignarre, avant de rappeler que personne n’a prouvé que les dangers du Vioxx© dépendaient des doses. »L’Agence du médicament avait promis en 20004 d’enquêter sur le Vioxx©. Trois ans après, aucun résultat, aucun chiffre. Rien" ». On voit dans cet article et les propos de Philippe Pignarre le système de dénégation spécifique aux autorités françaises.

    C’est la raison pour laquelle il faut attendre plus de 4 ans pour trouver un début de réponse chez nous. Une vérité au delà de l’Atlantique n’a pas de valeur en France. Sans doute que la toxicité des médicaments s’arrête à la frontière ! Peut-être, s’agit-il d’un mauvais concours de circonstances et ces informations trouveront un démenti dans le futur.

    Pourtant Le Monde du 17 avril 2008 annonce que « dans une enquête publiée mercredi 16 avril, le Journal of the American Medical Association accuse Merck d’avoir caché une série d’informations concernant les risques d’accidents mortels liés à la consommation de l’anti-inflammatoire rofécoxib [1] lorsque ce dernier était prescrit chez des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ».

    Ce sont des documents internes de la firme qui prouvent ces assertions. Merck savait dès 2001, le risque d’un triplement du nombre de décès chez ces malades. Or, selon le JAMA, ces données n’ont jamais été transmises à la FDA.

    De leur côté, Les Echos notent que selon la même source « une comparaison des données internes du laboratoire en 2001 avec les résultats de deux essais cliniques rendus publics en 2004 et 2005 révèle « que la présentation de Merck quant au risque de décès lié au Vioxx© chez des malades souffrant d’Alzheimer pourrait avoir été minimisée à dessein ».

    On voit avec ces différents articles relatant depuis 4 ans les fortes suspicions sur ce sujet qu’il est tout à fait inadmissible qu’on puisse encore s’interroger et tergiverser quant à l’interdiction de ce médicament en France. On peut également être choqué par l’innocence de certains journalistes qui ne semble pas connaître l’histoire et relate les évènements français sans jamais les replacer dans leur contexte international.

    Par ailleurs, on est en droit de se demander pourquoi les médecins, français en particulier, peuvent encore, et au nom de quelle exception française, prescrire ce médicament. C’est un argument de plus pour s’orienter vers des conceptions alternatives plus respectueuses de la santé.

    [1Nom de la molécule active du Vioxx©

    Un article du site : Pour une médecine écologique
    http://www.medecine-ecologique.info/article.php3?id_article=100