Décès d’Yvette Parès

 
  • samedi 31 juillet 2010.
  • Nous apprenons avec tristesse la disparition d’Yvette Parès qui fut l’une de nos conférencières lors du colloque « Pour une médecine écologique ». Elle a été à l’origine d’une démarche en faveur des médecines traditionnelles que je ne cesserai pas de relayer.

    Par son action, elle a rendu un service considérable à l’Afrique, bien plus considérable que tous les organismes d’aide et de soutien qui ne sont en fait que des entreprises néocoloniales. Le but n’est pas de substituer les connaissances ancestrales des peuples traditionnels par des techniques modernes mais bien de redonner la confiance et la fierté pour ces savoirs. Le principal problème rencontré est la confiance aveugle des peuples colonisés dans la technologie des « blancs » alors qu’ils disposent de connaissances prodigieuses.

    Je forme le vœu que le travail, sans relâche, de notre amie Yvette Parès finisse par aboutir et que l’Afrique puisse se réapproprier son autonomie.

    Disparition d’une femme engagée

    Chers amis

    C’est avec émotion que nous vous annonçons le décès de la fondatrice et ancienne directrice de l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, Présidente de l’ONG « Rencontre des Médecines », Madame Yvette Marie-Louise Pares.

    Madame Pares a quitté ce monde le 9 juillet à l’âge de 86 ans.

    Professeur de biologie à l’Université de Dakar de 1960 à 1992, c’est dire qu’elle a marqué d’une empreinte indélébile son passage au Sénégal avec la formation de plusieurs générations de cadres sénégalais.
    Docteur ès sciences et docteur en médecine, chercheur au CNRS, elle fut la première scientifique à réussir la culture du bacille de Hansen dans le cadre du Centre de Recherches Biologiques sur la lèpre qu’elle dirigeait à Dakar

    Cette découverte majeure a été déterminante dans la fondation de l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar qui fut le premier établissement du genre au Sénégal et, peut-être, au monde.

    Cette structure à laquelle elle s’identifiait profondément est aujourd’hui un haut lieu de rencontre des médecines, mais également de soulagement de nombreux patients de toutes conditions et d’origine, où, en tant que femme ayant beaucoup à partager et donnant sans rechigner, elle fut la sœur affectueuse de ses collègues, la mère attentionnée de ses patients lépreux, la confidente généreuse pour tous et la formatrice passionnée de ses collaborateurs.

    Le bilan de son action reste éminemment humain et se mesure par le nombre de personnes qui ont retrouvé leur dignité d’homme à part entière et qui, sans son intervention, auraient été irrémédiablement condamnés par la lèpre.

    Elle est partie, trente années, jour pour jour, après la création de l’hôpital, avec un dernier vœu : écrire l’histoire de l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar pour les enfants ! Vœu prémonitoire s’il en est en ce sens que les enfants sont l’avenir de l’Homme !

    Témoin de notre temps et de son temps qu’elle a rempli de son œuvre utile, fasse le ciel que sa disparition ne s’assimile pas - comme souvent en Afrique - que chaque fois qu’un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle !

    C’est pourquoi sa famille, ses collaborateurs, ses amis, ses admirateurs doivent mesurer à sa juste valeur le challenge qui s’offre désormais à eux : poursuivre son œuvre pour honorer sa mémoire. Sans relâche. Et sans état d’âme.

    C’est la meilleure façon de pleurer un mort. C’est la seule manière de dire à Yvette combien elle a compté et compte pour nous tous.

    Pour l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar

    Djibril Bâ

    Pour lire la bio que je lui ai consacrée sur ce blog, cliquez ici et pour retrouver ses ouvrages sur le site de l’éditeur, cliquez ici.

    Un article du site : Pour une médecine écologique
    http://www.medecine-ecologique.info/article.php3?id_article=172