ACCUEIL >>Imposture médiatique
Sur le Web
Imposture médiatique

samedi 26 septembre 2009 , par Christian Portal


Les médias répercutent les informations médicales sans le moindre esprit critique.




On vient d’apprendre que des chercheurs Américains et Thaïlandais venaient de mettre au point un vaccin contre le SIDA dont résultats semblent prometteurs.

Dès la lecture des différents articles de presse qui relatent cet évènement, on constate très vite un certain nombre d’incohérences que personne ne semble voir.

Le site médiscoop dédié à la revue de presse médicale relate la nouvelle ainsi :

« Sida : une avancée inattendue sur le front du vaccin »

Libération, Le Figaro, Le Parisien, La Croix, L’Humanité, La Tribune, Les Echos.
Libération indique en effet sur 2 pages que « les résultats d’un essai sur plus de 16.000 volontaires thaïlandais montrent une réduction d’un tiers du risque d’infection. Une éclaircie après une série de déceptions ».

Le journal explique que ce vaccin expérimental est un « agrégat de 2 vaccins antérieurs. Cette combinaison réduirait d’un tiers le risque d’infection par le virus ».

Le quotidien remarque qu’« un tiers, c’est évidemment loin d’une protection totale, très loin du bon vieux préservatif. Il n’empêche : ce vaccin semble induire une réponse immunitaire suffisamment forte pour que, dans certains cas, des personnes exposées au virus ne se contaminent pas ».

Libération précise qu’une première injection a eu lieu sur des volontaires séronégatifs « avec le vaccin prototype de Sanofi-Pasteur, baptisé l’Alvac ; puis quelques semaines plus tard, pour booster la réponse immunitaire, [l’injection] d’un second produit, de la firme VaxGen [a eu lieu] ».

Le journal ajoute qu’« à tous [les volontaires] ont été données des consignes strictes : en particulier de ne pas avoir de relations sexuelles non protégées ».

Le Dr Jerome Kim, de l’Institut de recherche de l’armée Walter Reed du Maryland (Etats-Unis), déclare : « Nous avons eu 74 infections dans le groupe dit placebo. Et 51 dans le groupe vaccin ».

Libération relève que « ce résultat déroute autant qu’il déconcerte. La plupart des chercheurs avouent ne pas comprendre pourquoi cette combinaison de vaccins fonctionne, alors que l’Alvac seul n’agit pas ».

« En tout cas, c’est la première éclaircie dans un ciel jusqu’à présent particulièrement gris sur la question du vaccin contre le VIH », note le quotidien.

Le journal publie un entretien avec le Pr Jean-François Delfraissy, qui dirige l’ANRS, qui parle de « bonne nouvelle » mais remarque : « Restons à la mesure de cet essai. Il porte sur de petits effectifs [alors que] 16.000 personnes [y] ont été intégrées ».

Le Parisien titre pour sa part : « Enfin des résultats prometteurs contre le sida ».

Le quotidien note que ce vaccin « a permis une réduction de 31,2% des contaminations par le VIH », et livre notamment les propos de Michel De Wilde, vice-président recherche & développement de Sanofi-Pasteur, qui indique : « Bien que modeste, la réduction du risque d’infection est statistiquement significative ».

Le Figaro note pour sa part « enfin des résultats encourageants ! […] Mais beaucoup reste à faire ».


Cette revue de presse montre que les articles des journalistes français sont unanimes sur la question du vaccin. Pourtant, l’échec réitéré du vaccins depuis 30 ans montre, à lui-seul, que l’hypothèse VIH du SIDA est suspecte et que même l’origine infectieuse du SIDA doit être prise avec précaution. J’ai fait le bilan des informations existantes sur cet aspect dans mon livre « Pour une médecine écologique » aux éditions Alphée mais, disons qu’il existe des chercheurs qui contestent toute origine virale à cette maladie et d’autres qui affirment que l’agent causal du SIDA n’a pas été identifié ni isolé, ce qui expliquerait les difficultés à fabriquer un vaccin.

L’argument retenu par les scientifiques et les journalistes pour expliquer cette difficulté repose sur les mutations du virus mais le virus de la grippe mute chaque année et cela n’empêche pas de fabriquer un vaccin. Il faut dire que la grippe n’étant pas, statistiquement, une maladie grave, personne ne se préoccupe des réels effets de protection du vaccin dont, pourtant, chacun répète chaque année, de façon incantatoire, qu’il est indispensable pour protéger les personnes âgées.

Il est maintenant temps de se pencher sur cette nouvelle et d’analyser ce qui est dit :

  • des chercheurs Américains et Thaïlandais ont travaillé sur ce vaccin expérimental. En fait, on apprend également que les Américains sont issus d’un institut de recherches de l’armée Américaine. Sans être paranoïaque, cette information n’est pas totalement anodine.
  • Sur le plan éthique, le test est fait sur des populations non occidentales, ce qui n’est, là non plus, pas anodin.

Sur le plan des résultats maintenant, que disent-ils réellement ? Il est une chose importante à faire pour commenter ce genre de résultats ; il faut sortir une calculette et faire de simples opérations.

  • On nous annonce que 16 000 volontaires séronégatifs se sont portés volontaires. Même si les articles ne le disent pas, on peut raisonnablement penser que la moitié, soit 8 000, a reçu le vaccin et que l’autre moitié, les 8 000 autres, a reçu un placebo. Il ne faut pas oublier l’aspect éthique qui consiste à tester un produit dont la dangerosité reste possible sur des personnes qui n’en savent rien.
  • Des consignes strictes de protection ont été données aux sujets d’expérimentation. Dans ce cas, le minimum de l’honnêteté méthodologique est de s’assurer que la consigne a été, à la fois, suivie efficacement et de façon homogène par l’ensemble des groupes évalués. Or ce point, essentiel pour la validité de l’évaluation, n’a pas pu être contrôlé et donc, on ne sait rigoureusement rien des facteurs de contamination des individus au sein des groupes. Vouloir ensuite déduire des aspects de protection vaccinale relève, tout simplement, de l’imposture la plus malhonnête.
  • Si on fait les calculs simples que les chiffres fournis impliquent, on constate que dans le groupe placebo, 74 cas de contamination sur 8 000 représentent 0,9% et que 51 cas représentent 0,6%. La différence est 0,3%. Afin de mieux comprendre, il faut remarquer que des rapports protégés induisent, tout de même, un niveau de contamination de l’ordre de 6 à 9 pour 1000. Ainsi, le succès de vaccin a permis d’éviter 3 cas sur mille. Ce vaccin que l’on considère efficace à 30% permet en fait d’éviter 3 contaminations sur mille. Il ne fait de doute pour personne que ce résultat est dérisoire. Ce résultat est à rapprocher de cette affirmation du journal Libération qui affirme que la bon vieux préservatif protège tout de même mieux. Outre l’affirmation gratuite que cela représente, l’analyse de l’étude montre aussi que le préservatif permet encore 9 contaminations pour mille.
  • Par ailleurs, on constate que les chercheurs ne comprennent pas pourquoi le vaccin « fonctionne ». Ils le comprennent d’autant moins, qu’une précédente étude faite en 2005 en Afrique du Sud par Merck sur son vaccin, le V520, avait donné des résultats exactement inverses : c’est-à-dire que le groupe placebo a été mieux protégé que le groupe vacciné. Cela ne s’explique que par une incapacité à évaluer l’homogénéité des précautions individuelles prises au sein des groupes testés ou par une contamination du au vaccin.

Dans tous les cas, il faut reconnaître que la recherche patauge ! Il y a à cela au moins deux causes :

  • Le SIDA n’est pas une maladie mais un syndrome. Il n’y a donc pas de lien entre une causalité manifeste et une maladie. Ceci, d’autant que les maladies qui apparaissent en cas de SIDA n’ont rien de spécifiques par rapport aux populations locales. Par exemple, les malades du SIDA en Afrique ne sont malades d’autres maladies que celles communes en Afrique.
  • L’isolation d’un agent causal, ici le VIH, m’apparait de moins en moins certaine. Ainsi, dans la mesure où la réelle cause du SIDA ne serait pas infectieuse ou d’une nature infectieuse encore inconnue, il est évidemment impossible de trouver une parade. La preuve de cette incapacité se manifeste dans le bricolage expérimental. Nous avons deux vaccins dont aucun ne fonctionne et on pense qu’en les mélangeant, on pourrait obtenir un résultat favorable. Cela s’appelle de la « pensée magique » et en aucun cas une démarche scientifique.

Dans ce contexte, on constate que certains journalistes, mais peut-on encore les appeler ainsi, sont davantage des instruments de la propagande des grands laboratoires. Il suffit d’avoir écouté vendredi 25 septembre Hélène Cardin, chroniqueuse médicale sur France-Inter, emboucher les trompettes de la renommée pour comprendre l’absence d’esprit critique de cette caste de personnages qui n’ont plus rien à voir avec le métier de journaliste.

Boutons pour partager l'information

Répondre à cet article

2 Messages

  • Imposture médiatique

    27 septembre 2009 16:04, par Cylael

    Merci pour cet article qui permet aux « néophytes » de la médecine comme moi d’y voir plus clair.
    Je me permets juste une remarque d’ordre « mathématique ».
    Vous écrivez :
    « Si on fait les calculs simples que les chiffres fournis impliquent, on constate que dans le groupe placebo, 74 cas de contamination sur 8 000 représentent 0,9% et que 51 cas représentent 0,6%. La différence est 0,3%. Afin de mieux comprendre, il faut remarquer que des rapports protégés induisent, tout de même, un niveau de contamination de l’ordre de 6 à 9 pour 1000. Ainsi, le succès de vaccin a permis d’éviter 3 cas sur mille. Ce vaccin que l’on considère efficace à 30% permet en fait d’éviter 3 contaminations sur mille. Il ne fait de doute pour personne que ce résultat est dérisoire. Ce résultat est à rapprocher de cette affirmation du journal Libération qui affirme que la bon vieux préservatif protège tout de même mieux. Outre l’affirmation gratuite que cela représente, l’analyse de l’étude montre aussi que le préservatif permet encore 9 contaminations pour mille. »
    Cette manière d’analyser les chiffres n’est pas valable. La différence entre 0,6% et 0,9% n’est pas de 0,3%, mais bien de 33,33% ou de 0,3 points de pourcentage, ce qui est très différent. Imaginons par exemple que les résultats de l’expérience ait donné 0% d’infectés pour les vaccinés et 0,9% d’infectés pour les personnes ayant eu un placebo, vous ne vous seriez pas permis de dire que la différence n’était que 0,9% et qu’en fait on ne sauvait que 9 personnes sur mille, ce qui serait dérisoire, car dans ce cas, le fait même de lutter contre le SIDA serait dérisoire.

    Il me semble plutôt que le rapport entre les 74 personnes infectées dans un groupe et les 54 dans l’autre (ce qui fait bien environ 33% de personnes infectées en moins dans le 2nd groupe par rapport au premier), n’est pas significatif, les données étant trop faibles, contradictoires avec d’autres expériences et sans connaissance du comportement sexuel réel des personnes concernées par l’expérience (je pense notamment à l’usage du préservatif).

    repondre message

  • Imposture médiatique

    16 octobre 2009 06:34, par Marie-France de Meuron

    Merci pour vos excellentes réflexions.
    Je rajouterais un autre facteur particulier.
    Dans les cas de grippe, la contamination se fait involontairement.
    Dans le cas du sida, si tous les volontaires sont séronégatifs, il faudrait les forcer à avoir des relations non protégées pour voir la réelle efficacité du vaccin,, ce qui est éthiquement impensable.
    D’autre part, les Thaïlandais qui se prêtent à ce genre d’expérience ne sont probablement pas en bon état général, ne fût-ce que nutritionnel, ce qui fausse aussi la sensibilité aux maladies.

    repondre message


Mots-clés de l'article
En bref...
Du même auteur

Christian Portal
 Stratégies pour les médecines non conventionnelles
 Proposition d’article pour l’Ecologiste
 La médecine chimique n’a pas d’avenir
 Analyse critique du programme santé des Verts
 Après les journées d’été des Verts
 Fiches thématiques
 Quelles évaluations nous propose t’on ?
 Des enfants cobayes à New York
 Concept d’écomédecines
 Etat des recherches en MNC
 Médicaments ; effets indésirables
 Les mnc, alternatives ou complémentaires ?
 Les Verts ne soutiennent pas une démarche écologique en matière de santé
 Les impasses d’une médecine chimique
 Il serait surprenant que les OGM ne soit pas toxiques !
 Petite philosophie pour le loup et l’agneau
 Dossier SIDA
 Quand les homéopathes se rangent du côté du pouvoir
 ACECOMED, un collectif au service des médecines écologiques
 MÉDECINES NON CONVENTIONNELLES & MONDE POLITIQUE
 Le conseil départemental de l’ordre des médecins adopte une position novatrice et courageuse.
 Refondation de l’écologie politique
 Amaroli animal ?
 Autisme régressif
 Les médicaments dans les eaux : enfin une évaluation des risques
 Rejets de polluants émergents : les incertitudes
 Du Prozac dans l’environnement
 Toxicité du paracétamol dans les eaux usées
 Holodent, le site d’Estelle Vereeck
 Dites non aux OGM
 Dialogues en humanité
 Soutiens
 ACECOMED, qui sommes nous ?
 Manifeste pour une médecine écologique
 Le colloque du 28 octobre 2006
 Le comité directeur
 Sites amis santé
 Le prix Rodgers pour récompenser les médecins et chercheurs en médecin
 Associations membres du collectif
 Quiproquos sur ordonnance
 « La conquête de la santé » publié aux éditions Dangles du Dr Pierre Oudinot
 Ce qu’on nous cache sur les vaccins
 Médicaments dans l’eau : différents acteurs mobilisés
 La santé n’est pas une marchandise !
 Une surconsommation d’opioïdes sur ordonnance !
 La médecine sénégalaise
 Les risques du vaccin anti-grippe
 Intoxications au mercure, attention aux amalgames !
 Dispensaire Hahnemann
 Des médicaments dans l’eau du robinet
 Les pesticides, l’étau se resserre !
 Accidents médicamenteux : « Un arrêté qui fait mal »
 Rapport de l’OMS sur les médecines traditionnelles
 ACECOMED interrogé pour la phase finale du Grenelle
 ACECOMED et le Grenelle de l’environnement
 Une première émission sur la pollution par les médicaments sur Direct8
 Croyance et homéopathie
 Le Vioxx© ou l’exception française !
 Vaccin et désinformation !
 Cancer : espoirs et désinformation
 Rejoignez la résistance écologique !
 Interview de Claude Bourguignon
 Le Codex Alimentarius, quelles menaces ?
 Le psychotrope nouveau est arrivé !
 Censure scientifique
 Conférence de la fondation Denis Guichard
 Contact
 L’écologiste n°27 est paru
 Ne donnez pas au Téléthon !
 Mourir pour quelques boutons ?
 Menaces sur la Ferme de Sainte Marthe
 Le courage du comité d’éthique du Conseil Départemental de l’Ordre de la Côte d’Or
 Une heure pour la planète
 Attention, la colère gronde !
 La Terre Sinon Rien
 Programme des conférences de Christian Portal
 Reportage cosmétique bio : à la fortune du pot… de terre
 « Pour une médecine écologique »
 Sylvie Simon
 Patrick Lemoine
 Hervé Staub
 La santé à deux vitesses
 Sites amis bio et bien-être
 Programme de La Terre Sinon Rien
 Des enfants cobayes à New York
 Revue de presse
 CHIMIOTHÉRAPIE : Des taux de réussite autour de... 2,2 % !
 S’informer sur la vaccination contre la grippe A/H1N1
 Interview médecine écologique
 Yvette Parès
 La culpabilité et la peur, les deux outils de la contrainte
 Pourquoi parler de la lèpre ?
 Interview de Christian Portal au salon ZEN
 Vous l’avez aimé, partagez le !
 Ni Téléthon, ni Sidaction
 Articles d’Yvette Parès
 Grippe, florilège d’informations
 Pour une éducation physique non sportive
 Evidence based medecine ou bon-sens ?
 Solutions locales pour un désordre global
 Marie-Joséphine Grosjean
 Un nouveau réseau pour le collectif ACECOMED
 Pourquoi je ne soutiendrai plus le MDRGF
 Rejoignez le réseau ACECOMED
 Claire Séverac
 Décès d’Yvette Parès
 Initiative citoyenne
 Le Médiator®, une affaire exemplaire !
 Médecine et agriculture, une même dérive
 Comment dépasser l’analyse primaire sur le Mediator®
 Yvette Parès, une vie exemplaire !
 Affaire Gardénal, un triple déni !
 Pourquoi l’idée écologique avance-t-elle si lentement ?
 Vers un chaos médical ?
 3 minutes pour la santé
 Le journal Le Monde s’intéresse aux alternatives médicales.
 Fêtes des simples : 1 et 2 octobre
 Menace sur nos neurones
 Se soigner sans s’empoisonner, éditions Elie et Mado
 Comment se procurer « Se soigner sans s’empoisonner »
 « Abus », un livre de Sylvie Renault
 Vers un mouvement mutualiste des valeurs écologistes
 La médecine par le petit bout de la lorgnette
 Disparition du Dr André Gernez
 Disparition de Sylvie Simon
 COMMUNIQUE DE PRESSE de la Confédération...
 Nouvelles stratégies de l’OMS pour les médecines traditionnelles 2014-2023
 Parution de la réédition de « Pour une médecine écologique »
 Bande annonce du livre
 Prochain évènements Automne 2016
 Images de cristallisations sensibles maison

SPIP

Pour une médecine écologique

  Pluralisme thérapeutique  







Rejoignez le réseau ACECOMED
retour au sommaire